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Heureuse initiative du Teatro Regio de Turin de programmer le trop rarement présenté chef d’œuvre de Paul Dukas, Ariane et Barbe Bleue. On sait l’envie du compositeur de ne pas tomber dans les modes de son temps où Richard Wagner dominait l’opéra allemand et Giuseppe Verdi l’opéra italien. Paul Dukas voulait, au même titre que Claude Debussy auquel il vouait une admiration sans borne, un renouveau de l’opéra français. Si cet esprit plane au-dessus de cette production turinoise, il le doit principalement au chef d’orchestre Emmanuel Villaume qui insuffle à l’orchestre du Teatro Regio une élégance exceptionnelle. Dans une lecture sobre, directe, il tire de son ensemble des couleurs orchestrales d’une puissance extraordinaire. Le chef français s’affirme comme un magnifique conteur de cette musique. Alternant la puissance des cuivres au lyrisme des cordes, il raconte les caractères des protagonistes avec une verve identique à celle décrivant les ambiances qui volent au-dessus de cet étrange opéra. Une production qui aura mis l’opéra français à l’honneur.

Jacques Schmitt, ResMusica.com

 

Ignoré tout au cours du XXme siècle, Il Crociato a été mis en scène maintenant par le Théâtre La Fenice lui-meme, dans une exécution mémorable du point de vue musical, dirigée par Emmanuel Villaume: je crois que cette soirée est l'événement musical le plus important du 2007.

Je n'aurais jamais espéré que cette première puisse être un triomphe, et le mérite en revient premièrement au maestro Emmanuel Villaume, qui est capable de serrer le pas dramatique, de diriger deux orchestres dans les coulisses plus une autre dans la fosse et des choeurs, et de se rendre avec sensibilité aux délicatesses pathétiques.

Paolo Isotta, Corriere della Sera

 

Miracle d' un chef [Emmanuel Villaume] qui, comme avec June Anderson dans Norma à Marseille, il ya quelques mois, sait établir avec les solistes un véritable dialogue, pour leur permettre d' exprimer ce qu 'ils ont de meilleur. Très romantique, teintée de germanisme mais pas trop, sa direction est de bout en bout un modèle de conviction et d'équilibre. (Les Contes d'Hoffmann, Madrid)

Richard Martet, Opera International

 

Après les thèmes troublants de la guerre, de l’impérialisme et du capitalisme, le Festival de Spoleto aux Etats-Unis, célèbre cette année l’amour romantique. Et quel meilleur endroit pour le faire!

Le chef d’orchestre, Tomassa Placidi, invité pour la première fois aux Etats-Unis, s’est attaché à ce que les sonorités de Gounod dans la scène du balcon, flottent et scintillent comme elles doivent le faire pour éviter la monotonie. L’exécution par Emmanuel Villaume de la même scène chez Berlioz, plus tard dans la semaine, montre à quel point la partition est radicalement différente. Les spasmes imprévisibles et les langueurs post-orgasmiques de Berlioz semblent avoir intrigué un auditoire passif lors du précédent concert. Villaume l’a réveillé par un exposé provocateur sur les stratégies des compositeurs pour décrire l’amour physique “Nous avons l’habitude de Wagner et Strauss, mais Berlioz est beaucoup plus descriptif et précis. Faites appel à votre imagination”. S’adressant aux Charlestoniens figés des premiers rangs, il l’exprima plus directement: “Essayez de vous souvenir!”. Tout le monde a semblé enchanté, applaudissant vigoureusement, avant et après la représentation : une leçon de l’efficacité d’une présentation par le chef d’orchestre avant le concert. Comme pour en apporter la preuve, Villaume se lance dans le Prélude de Tristan et Iseult de Wagner dont la sensualité plus connue s’exprime d’elle-même. C’était une interprétation sans pâmoison, d’un élan et d’une clarté à la Boulez, comme si les amants ne pouvaient attendre.

Dans une version remaniée du Don Juan controversé le l’année dernière l’ensemble de la production, y compris l’orchestre, était encore installée au milieu du bâtiment humide et chancelant de l’école Meminger – parfait pour le thème gothique de Gunter Kramer- avec des gradins sur les trois côtés d’une vaste forêt ondoyante, oeuvre d’Ulrich Schulz.

Partageant cet immense espace avec les jeunes interprètes, se trouvait, plus jeune encore l’orchestre du Spoleto Festival sous la direction de Villaume, le centre du spectacle et l’oeil du cyclone, jouant avec une précision qui était saisissante étant donné l’agitation incessante tourbillonnant autour de lui. Cette production continue à se complaire dans le mauvais goût, mais elle était incroyablement vivante, toujours en relation avec, ce que Charles Rosen, appelle « la violence et la sensualité au coeur de l’œuvre de Mozart. »

Ce que j’attendais le plus cette année, aussi curieux que cela puisse paraître, était la Cinquième de Beethoven par l’Orchestre du Festival de Spoleto. Cette œuvre trop souvent jouée, évoquait autrefois le sentiment d’un événement – Berlioz la qualifiait de volcan en irruption, au dessus et au delà de tout dans le répertoire. Lui rendre à nouveau sa flamme exige un orchestre solide, engagé, non blasé, précisément ce qu’est l’ensemble de Spoleto. Sur la scène du Théâtre Sotille rénové, à l’acoustique vibrante, ces jeunes recrutés par Villaume après des auditions approfondies ont déchaîné l’enthousiasme. Berlioz compare la Cinquième à la lave en fusion, j’imagine les éclairs. L’envol trépidant des cordes de l’ouverture, les basses vrombissantes de la fugue, les solos perçants des vents tout au long et les cuivres frémissants à la fin, tout donne l’illusion que l’on entend cette oeuvre pour la première fois. Ces musiciens qui ne savant pas encore comment faire semblant ou s’en tenir à des formules, suivent Villaume à la lettre, et il dirige chaque mesure, un spectacle excitant mais particulièrement épuisant. Il m’a dit avec une certaine fierté qu’au cours des dernières années, deux de ses musiciens avaient été engagés par le Cleveland Orchestra, deux par le Chicago, deux par Concertgebouw et cinq par le Met. Je me demande pourtant si nous entendrons un de ces orchestres jouer une Cinquième de Beethoven aussi excitante que celle-ci.

Jack Sullivan, American Record Guide

 

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